2023 n’a pas été simplement l’année des prouesses techniques : OpenAI et Anthropic ont tous deux déposé des brevets autour de la gouvernance éthique des IA génératives. Leurs modèles ne jouent pas avec les mêmes règles, et ça se voit : gestion des biais, transparence, contrôle humain… chaque fournisseur trace sa propre frontière. Les choix opérés dans l’ombre, lors de la conception, modèlent directement la fiabilité et l’expérience offerte à l’utilisateur final. Les protocoles d’évaluation internes, rarement rendus publics, définissent ce que l’IA a le droit de dire, et, surtout, ce qu’elle doit taire.
L’éthique en intelligence artificielle : enjeux et visions divergentes
Les discussions sur l’éthique de l’intelligence artificielle ont pris un virage décisif. Il ne s’agit plus seulement de cocher des cases réglementaires : l’opposition entre Anthropic et OpenAI révèle deux façons d’assumer la responsabilité des algorithmes. D’un côté, Claude, modèle phare d’Anthropic, s’appuie sur ce qu’on appelle une “IA constitutionnelle” : le processus décisionnel est encadré par des règles claires et explicites. Cette méthode cherche à réduire les biais et à renforcer la sécurité, tout en garantissant que la confidentialité des données n’est jamais relâchée, sans consentement, vos données ne servent pas à l’entraînement.
En face, OpenAI et son ChatGPT misent sur la polyvalence, parfois au prix d’une certaine discrétion. Par défaut, les données des utilisateurs contribuent à affiner le modèle, sauf si vous activez des options spécifiques ou souscrivez à une formule professionnelle. La question de la confidentialité occupe alors une place de choix dans les arbitrages, tout comme celle de la sécurité des interactions.
Pour mieux cerner les différences, voici ce qui distingue concrètement Claude et ChatGPT :
- Claude : confidentialité automatique, réduction des biais, priorité à la sécurité, démarche éthique, données non utilisées pour l’entraînement sans accord explicite.
- ChatGPT : données employées par défaut pour l’amélioration, nécessité de paramétrer la confidentialité, plateforme pensée pour le grand public.
Chez Anthropic, l’éthique structure l’algorithme dans ses fondations. Chez OpenAI, elle se module selon les préférences et les usages. Ce choix de conception influence la capacité du modèle à gérer des tâches complexes ou à préserver les intérêts des professionnels. Confidentialité, sécurité, éthique et utilisation des données deviennent ainsi de véritables critères de sélection pour les nouveaux assistants IA.
Anthropic et OpenAI : deux modèles, deux philosophies
Anthropic et OpenAI dominent le secteur des modèles de langage en 2025, chacun incarnant une vision bien distincte de l’IA. Anthropic, créée par d’anciens d’OpenAI, propose une approche structurée et standardisée. Son modèle Claude, soutenu par Amazon et Google, s’appuie sur des standards ouverts pour s’intégrer aisément dans les flux professionnels : Model Context Protocol (MCP), Agent Skills… Cette ouverture rend l’industrialisation et la personnalisation des usages plus simples, tout en assurant la compatibilité avec Amazon Bedrock ou Google Cloud Vertex AI.
OpenAI, de son côté, mise sur la puissance de GPT et la diversité des usages. ChatGPT, qui réunit 800 millions d’utilisateurs mensuels fin 2025, vise aussi bien le grand public que les professionnels. Plateforme multimodale (texte, image, audio, vidéo), outils créatifs comme DALL-E ou Sora, API largement accessible… Le système reste propriétaire, mais la polyvalence et la capacité à évoluer rapidement séduisent créateurs, développeurs et entreprises en quête de solutions globales.
Anthropic privilégie la transparence et la standardisation des interfaces ; OpenAI, l’innovation rapide et l’accessibilité massive. Claude pose les bases de workflows sophistiqués, offre la confidentialité intégrée et traite des volumes de données structurées importants. ChatGPT, lui, brille par sa créativité, la richesse de son écosystème et sa capacité à innover dans la génération multimédia.
Claude AI face à ChatGPT : quelles différences concrètes pour l’utilisateur ?
Comparer Claude et ChatGPT ne se limite pas à étudier leurs performances. Les exigences des professionnels évoluent au fil des avancées technologiques. Claude, en version 3.7 Sonnet ou 4 Opus, se distingue par sa faculté à gérer des tâches longues et structurées : analyse documentaire, codage pointu, planification, automatisation. Son secret ? Des modes de raisonnement étendus et une fenêtre contextuelle généreuse, jusqu’à 200 000 jetons. Dans les secteurs juridique ou financier, cette endurance est précieuse, d’autant plus que la confidentialité est activée par défaut : aucune donnée n’est utilisée à l’insu de l’utilisateur.
ChatGPT, avec ses 800 millions d’utilisateurs mensuels, propose une expérience résolument fluide : création de contenu, multimodalité (texte, image, audio, vidéo), polyvalence. L’intégration de DALL-E pour l’image et de Sora pour la vidéo ouvre de nouvelles perspectives. La fenêtre contextuelle atteint jusqu’à un million de jetons via l’API, mais la protection des données exige une configuration spécifique ou un abonnement professionnel. La force de ChatGPT : rapidité, créativité, simplicité d’accès.
Pour illustrer ces différences, voici un aperçu des points forts de chaque modèle :
- Claude : idéal pour les tâches complexes, le codage, l’analyse de documents volumineux, la sécurité renforcée, l’intégration professionnelle.
- ChatGPT : points forts en création multimédia, rédaction, polyvalence, automatisation simple, usage grand public.
Claude séduit les entreprises et les développeurs grâce à ses standards ouverts (MCP, Agent Skills), son intégration dans les workflows et sa capacité à industrialiser les usages. ChatGPT reste la référence pour l’inspiration, la variété des formats et l’adoption à grande échelle.
Comment choisir son assistant IA selon ses valeurs et ses besoins ?
Choisir un assistant IA dépasse désormais la simple comparaison technique. Les valeurs personnelles et professionnelles deviennent déterminantes. Claude retient l’attention des entreprises et des professionnels pour qui la confidentialité n’est pas négociable : aucune donnée n’est utilisée pour l’entraînement sans consentement explicite. La sécurité et l’approche constitutionnelle d’Anthropic font mouche, en particulier dans les domaines du droit, de la finance ou du développement avancé, où les standards ouverts comme MCP et Agent Skills deviennent des leviers puissants d’industrialisation des processus.
De l’autre côté, ChatGPT s’adresse à un public varié : créateurs de contenu, utilisateurs occasionnels, équipes marketing ou pédagogiques. Son point fort : une polyvalence et une créativité incomparables, portées par la génération de texte, d’images ou de vidéos. En revanche, l’usage des données diffère : par défaut, les échanges servent à améliorer le modèle, sauf si vous optez pour une offre professionnelle ou adaptez les paramètres de confidentialité.
Quelques critères pour trancher :
- Claude : pertinent pour l’analyse de documents longs, le codage complexe, l’automatisation avancée, la gestion de données sensibles et l’intégration dans des workflows personnalisés.
- ChatGPT : préférez-le pour la créativité, la rapidité, la génération d’images ou de vidéos, la recherche web ou l’automatisation simple.
Les professionnels les plus exigeants gagneront à tester les versions Pro ou l’API pour mesurer leur adéquation à leurs besoins. Les entreprises disposent de solutions tarifées sur mesure et d’intégrations adaptées à leur environnement. À chacun de composer son propre équilibre : à l’heure où l’IA s’infiltre partout, choisir son modèle, c’est aussi écrire sa propre histoire avec la technologie.


